« Resilient Currents: On Communal Re-Existence », exposition de préfiguration de La Collective

Du jeudi 21 mars au jeudi 25 avril 2024

Centre d’exposition F O R M A

Commissaire invitée : Ilaria Conti

En préfiguration de La Collective, futur centre de création et de solidarité, Thanks for Nothing présente sa première exposition internationale autour des pratiques engagées liées à l’Amérique centrale et du Sud.

Accès libre du mardi au samedi de 10h à 18h
127 rue de Turenne, 75003 Paris

Vernissage jeudi 21 mars de 17h à 21h

Avec Seba Calfuqueo, Carolina Caycedo, Colectivo Ayllu, Patricia Dominguez, Regina José Galindo, Sonia Gomes, Juliana Góngora, Jorge González Santos, iki yos piña narváez, Guadalupe Maravilla, Noé Martinez, Nomasmetaforas, Rangiñtulewfü, RojoNegro, Angélica Serech et Maria Sosa.

Une programmation solidaire est pensée en faveur de l’association AQUAVERDE.

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Seba Calfuqueo, Miroir d’eau (still), 2023. Courtesy of the artist.
Carolina Caycedo, Multiple Clitoris Iguazu Cataracts, Brasil/Paraguay (detail), 2016. Courtesy of the artist and Instituto de Visión.
Regina José Galindo, Ríos de gente (still), 2021. Courtesy of the artist.

La programmation de préfiguration de La Collective

Dès 2024, Thanks for Nothing amorce la préfiguration de son futur centre de création et de solidarité qui ouvrira en 2028 sur le site de l’ancien Hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

Cette programmation « hors les murs » a pour ambition de rendre compte des pratiques artistiques engagées de la scène internationale.
L’exposition Resilient Currents: On Communal Re-Existence inaugure ce cycle. Elle sera accompagnée d’une riche programmation de conférences, projections, performances, visites guidées à destination de publics éloignés du monde de l’art.

Une exposition sur l’Abya Yala, conçue par Ilaria Conti

Pensée par la commissaire indépendante Ilaria Conti depuis plus de 3 ans, l’exposition met en lumière des pratiques pluridisciplinaires de l’Abya Yala (terme Kuna pour désigner l’Amérique centrale et du Sud en tant que constellation d’espaces souverains non-coloniaux ou décoloniaux). Les pratiques invitées attestent des formes éthiques de relation et de justice épistémique — en un mot : elles sont caractérisées par un engagement envers le communal.

L’exposition se penche sur les méthodologies de travail employées par les artistes présenté·e·s, qui reconnaissent l’urgence de pratiquer des formes d’action politique, sociale, affective et spirituelle constitutives d’un réseau de relations éthiques. Refusant les limites des systèmes de pensées coloniaux, les artistes honorent la pluralité des mondes qu’un tel engagement envers la notion de communal engendre.

Une programmation associée

Imaginée par Thanks for Nothing et Ilaria Conti, la programmation associée rythme l’exposition de rendez-vous réguliers avec des organisations sœurs basées à Paris, comme La Maison de l’Amérique latine, Persona Curada, Mazorca.

Une programmation solidaire de Thanks for Nothing en faveur de l’association AQUAVERDE.

Fondée en 2002, l’association agit en priorité pour la sauvegarde de la forêt Amazonienne, trésor de biodiversité demeurant l’une de pièces maîtresses de la régulation climatique planétaire et constituant avec son fleuve l’Amazone, ses centaines d’affluents et ses sources, le quart des réserves d’eau douce potable de la planète.

Les mots de la commissaire

« Plutôt que d’adopter une approche thématique, l’exposition Resilient Currents: On Communal Re-Existence adopte une approche méthodologique en mettant en lumière des pratiques artistiques liées à l’Abya Yala qui se caractérisent par un engagement à l’égard du communal – un terme qui, tel qu’il est compris à travers le prisme des études décoloniales, signifie une responsabilité et une sensibilité politiques partagées qui, indépendamment du fait qu’elles soient mises en œuvre individuellement ou collectivement, honorent l’interdépendance qui relie tous les êtres et les entités.

Refusant les limites d’un régime de connaissances occidental supposé universel, les pratiques artistiques et militantes invitées articulent diverses formes de savoir et de perception, enracinées dans le sentipensar (sentir-penser ou ressentir-penser), démantelant ainsi des axiomes coloniaux fabriqués de toutes pièces, tels que la dichotomie entre l’esprit et le corps. Les artistes invité·e·s ancrent leurs pratiques dans les spécificités de leurs propres positions. Illes reconnaissent l’urgence de pratiquer des formes d’action politique, sociale, affective et spirituelle et d’être conscients de leur existence constitutive d’un réseau de relations éthiques. Illes articulent et honorent la pluralité des mondes et les divers systèmes de connaissance, de perception et d’élaboration de sens que les processus communal engendrent, pratiquant ainsi des formes de résistance par la ré-existence comme l’envisage le théoricien et artiste afro-colombien Adolfo Albán Achinte : « une forme de vie alternative au projet hégémonique eurocentrique ». »